Un libellé « IMPRIMERIE NATIO FLERS EN ESCRE » sur un relevé bancaire génère souvent de l’inquiétude. Ce prélèvement SEPA provient de l’Imprimerie Nationale, dont un site de production se trouve à Flers-en-Escrebieux, dans le Nord. Avant toute action, il faut distinguer deux situations juridiques très différentes : le prélèvement non autorisé et le prélèvement autorisé mais contesté. Cette distinction conditionne le délai de recours, la procédure à suivre et les chances d’obtenir un remboursement.
Prélèvement autorisé ou non autorisé : deux régimes juridiques distincts
La plupart des guides en ligne proposent un modèle de courrier unique pour contester un prélèvement. Le problème, c’est que la démarche dépend entièrement du statut juridique de l’opération. Confondre les deux cas peut conduire à une demande rejetée ou à un dépassement de délai.
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| Critère | Prélèvement non autorisé | Prélèvement autorisé mais contesté |
|---|---|---|
| Définition | Aucun mandat SEPA n’a été signé par le titulaire du compte | Un mandat existe, mais le montant ou la fréquence ne correspond pas |
| Délai de contestation | Jusqu’à 13 mois après le débit | 8 semaines après le débit |
| Obligation de la banque | Remboursement de droit si la demande est dans le délai | Remboursement sous conditions, après examen |
| Pièce clé à fournir | Déclaration sur l’honneur d’absence de mandat | Preuve de l’écart (montant prévu vs montant débité) |
Un prélèvement IMPRIMERIE NATIO sans aucun souvenir de commande ou de contrat relève du premier cas. Un prélèvement lié à une commande réelle de documents sécurisés mais dont le montant diffère relève du second.

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Code ICS et référence unique de mandat : les deux données à vérifier
Avant d’écrire à la banque, il faut collecter deux informations dans le détail de l’opération, accessible depuis l’espace en ligne ou l’application bancaire.
Le code ICS (Identifiant Créancier SEPA) identifie l’organisme émetteur du prélèvement. Si ce code correspond à l’Imprimerie Nationale, l’origine du débit est confirmée. La référence unique de mandat (RUM) permet de relier le prélèvement à une autorisation spécifique que vous auriez signée.
- Si l’ICS ne correspond à aucun organisme connu et que la RUM vous est étrangère, vous êtes face à un prélèvement non autorisé : le délai de contestation est de 13 mois
- Si l’ICS pointe vers l’Imprimerie Nationale mais que le montant ou la date ne colle pas avec votre commande, c’est un prélèvement autorisé contestable dans un délai de 8 semaines
- Si l’ICS et la RUM correspondent à un service que vous avez effectivement souscrit, le prélèvement est légitime et aucune contestation n’aboutira
Ces deux codes figurent dans les informations complémentaires de chaque opération SEPA. Sur certaines applications bancaires, il faut cliquer sur « détails » ou « informations de l’opération » pour y accéder.
Révoquer un mandat SEPA et résilier un contrat : deux actions à mener en parallèle
Un point que les guides de contestation traitent rarement de façon explicite : révoquer le mandat SEPA ne résilie pas le contrat sous-jacent. Ce sont deux démarches distinctes qu’il faut engager simultanément pour couper définitivement un prélèvement récurrent.
La révocation du mandat se fait auprès de la banque. Elle bloque les futurs débits associés à ce créancier. En revanche, si un contrat commercial existe avec l’Imprimerie Nationale (abonnement, commande récurrente), ce contrat continue de courir. Le créancier peut alors réclamer les sommes dues par un autre canal, comme une mise en demeure.
La résiliation du contrat se fait directement auprès du créancier. Il faut adresser un courrier recommandé à l’Imprimerie Nationale en précisant la référence client et la demande de fin de relation commerciale. Sans cette double démarche, le prélèvement peut réapparaître ou se transformer en créance contestée.
Ordre des actions à respecter
Commencez par la demande de remboursement auprès de la banque, puis révoquez le mandat SEPA, et envoyez en parallèle la résiliation au créancier. Envoyer la révocation avant la demande de remboursement peut compliquer le traitement du dossier par la banque.

Contestation refusée par la banque : les recours concrets
Si la banque rejette la demande de remboursement, plusieurs options existent. Le refus peut tenir à un dépassement du délai légal ou à la présence d’un mandat SEPA valide dans ses fichiers.
Le premier recours est le médiateur bancaire, dont les coordonnées figurent obligatoirement dans la convention de compte. La saisine est gratuite et le médiateur doit rendre un avis dans un délai de quelques semaines. Ce recours est souvent suffisant pour débloquer un dossier.
Si le litige persiste, un signalement peut être effectué sur la plateforme SignalConso, gérée par la DGCCRF. Ce signalement ne débouche pas sur un remboursement direct, mais il déclenche un suivi administratif et peut inciter le créancier à régulariser la situation. SignalConso transmet le signalement à l’entreprise concernée, qui dispose alors d’un délai pour répondre.
- Médiateur bancaire : recours gratuit, adapté aux litiges sur le remboursement
- SignalConso : signalement administratif, utile si le créancier ne répond pas
- Tribunal de proximité : pour les litiges de faible montant, sans avocat obligatoire
Pour un prélèvement de quelques euros, le médiateur bancaire reste la voie la plus proportionnée. Le tribunal de proximité se justifie si plusieurs prélèvements non autorisés se sont accumulés sur plusieurs mois.
La ligne « IMPRIMERIE NATIO FLERS EN ESCRE » sur un relevé bancaire n’est pas en soi un signe de fraude. Le libellé tronqué des prélèvements SEPA crée de la confusion, mais la vérification du code ICS et de la RUM permet de trancher en quelques minutes. Ce qui compte, c’est d’agir dans le bon délai et de ne pas confondre révocation de mandat et résiliation de contrat.

